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Au cinéma, Jude Law fait une fois de plus la
preuve de son talent. Dans la vraie vie, il séduit par sa modestie et sa
gentillesse. Il se confie sans détour sur son métier, sa célébrité, Sienna
Miller et sa vie (plus très) privée.
ELLE. Dans « Les Fous du roi », comme dans « Closer » de
Mike Nichols, vous incarnez un journaliste. Si vous étiez réellement
journaliste et que vous deviez vous interviewer, quelle question
aimeriez-vous vous poser ? JUDE LAW. Je me demanderais : « En quoi mes choix en tant
qu’acteur sont-ils révélateurs de ce que je suis ? »
ELLE. Réponse ? J.L. Si vous regardez l’ensemble de ma carrière, vous en
apprendrez davantage sur moi qu’en me posant des questions sur ma vie
privée. ELLE. Dans « Les Fous du roi », votre personnage trahit ses
proches. Et vous ? J.L. Je dirai simplement que, quand je choisis un rôle,
c’est soit parce que, inconsciemment, le personnage me ressemble, soit parce
que l’intrigue et l’histoire correspondent à ce que je suis en train de
vivre.
ELLE. Quand le magazine «
People » vous sacre « l’homme le plus sexy de l’année », comme ce fut le cas
en 2004, cela ne vous agace pas un peu ? J.L. Comme me l’a rappelé récemment le réalisateur Anthony
Minghella, il y a des milliers d’acteurs au physique « ordinaire » qui passent leur vie à jouer
des seconds rôles. Donc je sais que je n’ai pas le droit de me plaindre.
Mais si j’ai toujours refusé des rôles de sex-symbol, c’est justement pour
qu’on me considère avant tout comme un bon comédien et pas comme un beau gosse. Pour moi, ce sacre, comme vous dites, par le
magazine « People » est l’exemple suprême de la dérive de notre société,
qui, de plus en plus, prêche pour des valeurs comme l’argent, le glamour, le
look. Évidemment, je ne vais pas faire le difficile, genre « Allez vous faire voir, vous n’avez pas le droit de me trouver beau »
[rires]. Mais, en réalité, c’est aussi flatteur que désolant !
ELLE. Pendant le tournage des « Fous du roi », en juillet
2005, vous avez trompé votre fiancée Sienna Miller avec la nounou de vos
enfants. Cible des tabloïds, comment avez-vous vécu cette période ?
J.L. Tout cela m’a énormément affecté d’autant que je ne
m’explique toujours pas mon acte. Je ne comprends pas non plus pourquoi les
journaux vous mettent sur un piédestal un jour et vous détruisent le
lendemain. Mais qu’importe. A présent, je sais plus que jamais quelles sont mes priorités : ma vie privée et mes enfants.
ELLE. A cette époque-là, vous avez fait la une des journaux
people autant que Tom Cruise et Brad Pitt… J.L. Sauf que je ne suis pas une « star » comme Tom Cruise
ou Brad Pitt et que leurs cachets sont beaucoup plus importants que les
miens. Pour être très franc avec vous, et je le dis avec la plus grande
humilité, je n’ai jamais souhaité être plus célèbre que je ne le suis déjà.
Si ce qui m’est arrivé l’an dernier peut être considéré comme l’apogée de ma
notoriété, parfait, ça me suffit largement ! [Rires.]
ELLE. Mais pourquoi vous être publiquement excusé auprès de
Sienna et de vos proches en publiant un communiqué officiel ? Ne fallait-il
pas plutôt faire comme Kate Moss : ne jamais s’expliquer, ne jamais se
plaindre ? J.L. Oui, sûrement, d’ailleurs, je regrette de l’avoir
fait. Mais, à l’époque, il me semblait que c’était la meilleure solution
pour mettre un terme à tout ce cirque médiatique, car les tabloïds se sont littéralement acharnés sur mon cas. Moi, je n’ai jamais dit
que j’étais un ange ou un « golden boy ». Ce sont les médias qui m’ont collé
ces étiquettes. Si tout cela a au moins permis au public de me découvrir tel que je suis, alors tant mieux.
Car, franchement, ça me soulage de montrer que, oui, je suis comme tout le
monde : je commets des erreurs.
ELLE. Comment vos enfants vivent-ils votre notoriété ?
J.L. C’est drôle, l’autre jour, une pédopsychiatre m’a dit
qu’aujourd’hui presque tous les enfants n’ont qu’une envie : être célèbres.
Or, les miens, c’est l’inverse. Mon fils de 10 ans, qui est très doué en
musique, m’a même dit récemment : « Papa, j’ai envie d’être musicien dans un groupe de rock, mais je veux surtout rester anonyme. » Il n’y a rien
à ajouter. [Rires.]
ELLE. Chaque fois qu’on vous voit photographié dans la rue
aux côtés de Sienna Miller, vos tenues sont tellement coordonnées qu’on
dirait des jumeaux. Ce n’est pas un hasard quand même ? J.L. Mon Dieu ! [Rires.] Je peux vous garantir qu’on ne se
concerte jamais le matin pour savoir ce qu’on va mettre, c’est un pur
hasard, je vous le jure !
ELLE. Vous faites au moins les boutiques ensemble ?
J.L. Noooooooon !!! [Rires.] Je n’aime pas faire du
shopping.
ELLE. Alors, vous avez le même styliste ?
J.L. Nous n’avons pas de styliste.
ELLE. Vraiment ? J.L. Je n’ai jamais eu de styliste
DE MA VIE
! S’il vous plaît, écrivez-le en gras… Bon, je vais vous dire la vérité.
D’abord, Sienna me pique mes fringues. Et puis je crois que, lorsqu’on vit
en couple, on finit par ressembler à l’autre. Avec Sienna, on se ressemble
beaucoup. D’ailleurs, on est nés à un jour d’intervalle.
ELLE. Sienna est devenue une icône de mode, et vous aussi.
Vous en êtes conscient ? J.L. Attendez, regardez bien les photos de nous prises dans
la rue, et vous verrez que je traîne souvent derrière elle dans un short et
un T-shirt pourris. Je n’appelle pas ça un look ! Sienna, elle, adore les
fringues, même si ça l’agace de passer pour une « it girl » de la mode.
Mais, vous savez, l’année prochaine, elle aura quatre films à l’affiche et
j’espère qu’on va enfin parler d’elle en tant qu’actrice. Car c’est non seulement une
excellente comédienne mais aussi quelqu’un de brillant.
ELLE. Le 10 janvier prochain sortira « Breaking and
Entering », le nouveau film d’Anthony Minghella, dans lequel votre
personnage trompe sa femme avec Juliette Binoche. Un mot sur elle ?
J.L. Sincèrement, elle est la meilleure actrice avec
laquelle j’ai travaillé. Elle est aussi assez intimidante, car elle est
étonnamment bien préparée et elle dit exactement tout ce qu’elle pense. Pour
lui donner la réplique, il faut être aussi honnête et ouvert qu’elle.
ELLE. Comment faites-vous pour enchaîner les tournages et
être un père présent ? J.L. C’est compliqué. Là, je viens de tourner « My
Blueberry Nights » avec Wong Kar-wai. Le tournage était prévu sur six semaines à New York, et il a duré
six mois ! Six mois durant lesquels j’ai peu vu mes enfants. Ils m’ont
tellement manqué que, même si j’adore être acteur, je me demande parfois si
tout cela vaut vraiment la peine.
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