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L’homme à la tête de chouchou
34 ans,
anglais, acteur, père modèle, infidèle repenti et élu l’homme le plus sexy
du monde en 2004. Représente-t-il pour autant l’idéal féminin?
Iplus coquin, plus bizarre. Hugh Grant, alors? Ils ont tous deux eu affaire à la police des moeurs, une fellation hollywoodienne pour le plus play-boy des deux, une extraconjugalité avec la nounou de ses enfants pour le papa poule du duo. Mais mon premier reste anglais comme pas permis, quand le second traite ses origines avec désinvolture. L’enthousiasme féminin viendrait-il alors de son côté bon père, mauvais époux et repenti batteur de coulpe? Il s’est marié jeune à l’actrice Sadie Frost. Il en a gardé un «sexy Sadie», tatoué sur le bras, qu’il cache depuis leur séparation et non parce qu’il aurait trop écouté les Beatles. Ils ont eu trois enfants: Rafferty, Iris et Rudy. Ils se sont quittés et il vit maintenant avec Sienna Miller, actrice très icône de mode. Une baby-sitter avec qui il aurait eu une aventure s’est empressée de le raconter à la presse tabloïd. Quand d’autres envoient au diable et refusent de s’agenouiller sous l’injonction, lui s’est confondu en excuses publiques. Ce qui lui a valu le pardon de Sienna. Et aussi celui de la gent féminine, ravie de s’identifier aux trois à la fois (ex, actuelle, tentatrice), dans un vaudeville où le mâle géniteur ne serait plus qu’un mistigri très mimi et très oui-oui que se refilerait un gynécée en surchauffe. Ce qu’il aime chez une femme? «L’intelligence.» Ce qu’il n’aime pas? «La vanité.» Et chez les hommes? Il aime «la modestie, l’humilité». N’aime pas «la violence, l’agressivité». Et c’est comme si Jude Law donnait des gages aux inversions de stéréotypes du moment. Renforçant d’autant sa modernité, loin de l’ancien profil de l’homme fort, rassurant, impavide. Et qui n’avouait jamais. Son attachement aux enfants participe du même renversement. Ce qui le fait rire? Ses enfants. Ce qui le fait pleurer? Ses enfants. Le jour où il fut le plus heureux? «Avec mes enfants, lors d’un voyage en Tanzanie, au coeur d’une réserve d’animaux, à la rencontre d’une tribu de guerriers Massaï.» Au-delà de sa culpabilité de séparé se devine un plaisir simple à transmettre et à voir son aîné marquer but sur but pour Tottenham, leur club de toujours, quand lui ne fut qu’un milieu de terrain poussif. Son enfance semble s’être déroulée paisiblement à Londres, entre Peter et Maggie, aujourd’hui en retraite en France du côté de Saumur. Ces enseignants, intéressés par le théâtre, hésitèrent longuement avant d’accepter que leur fils rejoigne un cours privé. La tradition politique maison était «très Labour», se souvient Jude Law. Lui est moins «New Labour» qu’on aurait pu croire. Il prend des distances avec Tony Blair et envisage de voter vert. A l’égal de nombreux jeunes Britanniques, la guerre d’Irak a fait vaciller une proximité plus historique qu’affective. Les Fous du roi, son nouveau film, raconte l’ascension et la chute d’un homme politique, issu du peuple et versant dans un populisme ambigu. Sans hésitation, Jude Law fait le parallèle avec Blair, ce qui surprend deux minutes le non-Anglo-Saxon. En fait, il se sent en phase avec les convictions de Sean Penn, qui incarne l’homme de pouvoir corrompu dans le film. Il dit, admiratif: «Sean est un actif. Il enquête, il se fait une opinion et puis il s’efforce de faire bouger les choses.» Jude Law est plus contemplatif, plus sur la réserve, plus rêveur aussi. On l’imagine assez comme ceux à qui viennent de ces accès de lucidité qui laissent inerte, qui anticipent ce qui pourrait advenir mais se révèlent incapables d’influer sur le cours des choses. Sinon, qu’est-ce qui, au final, séduit les unes et les autres? Sa bonne nature? Il paraît plutôt heureux de vivre et ça aide dans un monde où la plainte générale hulule son «tout va mal». Il se voit «optimiste, généreux». Il s’admet «têtu, irascible». Ses goûts et ses inclinations entrent-elles en ligne de compte? Il apprécie l’écrivain D.H. Lawrence, «qui a trouvé sa voie, sans se laisser entraver par sa position sociale», le boxeur Mohamed Ali, «pour sa manière de clamer sa vision du monde», ou Chaplin, pour la variété de ses talents. Il vit entouré de livres fatigués, de 33tours rayés, de photos sépia et de journaux de bord emplis de croquis et de collages. Et puis, ça lui plaît de jardiner. Au jour de sa mort, il voudrait «être en paix, satisfait de son parcours et pouvoir regarder ça en face, les yeux grands ouverts». En attendant, ce sont les filles qui lui font la vie. • |
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